Ateliers de Recherche et de Création

Les ARC (Ateliers de Recherche et de Création) sont des instances d’enseignement transversales orientées vers la recherche en art.

Les ARC (Ateliers de Recherche et de Création) sont des instances d’enseignement transversales d’initiation à la recherche ouvertes aux 3ème année Art et Design, 4ème et 5ème année.

Animés par des équipes pédagogiques pluridisciplinaires composées d’artistes et de théoriciens, les ARC 2025 - 2026 sont organisés à partir de six thèmes :

  • ARC Broken Music. Histoire et pratique des musiques déviantes
  • ARC de la nécessité de
  • ARC That's painting
  • ARC Présent épais
  • ARC LATITUDE 43
  • ARC Permanence

Les ARC : objectifs

Les ARC ont pour objectif d’introduire à une recherche pratico-théorique, aux différentes méthodologies et outils de la recherche fondamentale, recherche-création ou recherche-action.

Ils proposent en ce sens une expérience d’immersion dans les modalités d’enseignement collectives (cours, workshops, séminaires, travaux dirigés, dialogues, conférences…) au contact d’intervenants extérieurs à l’école (artistes, théoriciens, professionnels) choisis pour leur expertise dans les domaines qu’ils représentent.

 

 

 

Auteur : Édouard Monnet

ARC « Broken Music. Une histoire de musiques déviantes »

Enseignant.e.s : Édouard Monnet - Anne-Gaële Escudié 
Intervenants : Jean-Loup Faurat (pour la masterclass) Jérôme Grivel (pour le workshop)

 

Le terme Broken Music est repris du nom d’une triple exposition initiée par la daadgelerie de Berlin en 1989. Lui-même était inspiré du vocable générique employé dans les années 1960 par Milan Knížák pour désigner ses assemblages faits de débris de disques, qui conciliaient les dimensions conceptuelles, matérielles, optiques et acoustiques de son projet, en perturbant les vénérables conventions que charriaient ces objets.

L’association de cet intitulé au sous-titre qui le complète donne un aperçu du programme fixé : il s’agit d’y croiser préoccupations plastiques et musicales, hors de leurs clous respectifs.
Pour y parvenir, l’ARC agrège plusieurs dispositifs d’enseignement, théoriques ou pratiques. La partie théorique fait l’objet, chaque année en début de session, d’un axe thématique précis, articulé à un courant, à des personnalités emblématiques ou à des modes opératoires spécifiques. Elle sera cette fois consacrée à la scène underground new yorkaise du tournant des années 1980 (No Wave, Lydia Lunch, Alan Vega, etc.).

Méthodologie de travail
L’ARC comprend 5 sessions de 2 jours, plus 1 workshop d’une semaine.
2 sessions donneront lieu à des exposés théoriques, des séances d’écoute ou de visionnage, et à l’initiation d’un projet éditorial (fanzine, K7 audio).
3 sessions (la dernière incluant un concert) seront consacrées à une masterclass conduite par Jean-Loup Faurat, en partenariat avec le conservatoire.
Le workshop sera confié à Jérôme Grivel, et partira de son travail sur la voix en tant qu’instrument de mesure de l’espace…

Objectif et compétences visées
Explorer certaines formes poreuses entre elles et conjointement performatives dans les champs de l’art, de la musique et de la littérature, parmi d’autres catégories.
Croiser les approches historiques, théoriques et pratiques liées aux domaines examinés.
Favoriser une approche décomplexée de la pratique sonore, voire musicale, dans le cadre d’une école d’art.
Encourager les projets collaboratifs et collectifs.

 

 

ARC « …de la nécessité de… »

Enseignants : Serge LE SQUER et Jean-Baptiste WARLUZEL

 

Les digital natives ont développé une pratique de l’écriture et de l’enregistrement (audio, vidéo) qui dépasse le cadre de
l’écriture ou du filmage comme évènement pour en faire une activité ordinaire, continue et simultanée, où le geste même de l’enregistrement prend le dessus sur l'objet produit. La différenciation entre lecteur et auteur, spectateur et filmeur est troublée, au profit d'une nouvelle figure, celle du producteur-consommateur, créatrice et consommatrice d'une documentation de son propre quotidien, au profit des plateformes numériques. À partir du concept de cinéma
imparfait (Espinosa) avec ses prolongements contemporains (de Andrade, Orlow, Steyerl, Tanaka), et d’une
expérience filmique en forêt de Mons (Var), l'ARC «…de la nécessité de …» engage un travail de recherche sur : les récits situés dans une relation de compagnonnage (Haraway) avec une altérité quelle qu’elle soit, les récits comme
espace d’hospitalité (Mbembe) et d’“échosmonde” (Glissant).

 

Méthodologie de travail
Séminaire pratico-théorique, mêlant lectures, projections cinéma, productions collective, voyages de production à Mons
(var) et un voyage d’étude (festival de cinéma) et une restitution en juin.

 

Objectif et compétences visées

Mise en place d’une recherche praticothéorique sur un lieu (forêt de Mons) et des formes narratives.

 

 

 

ARC « That's painting! »

Enseignants : Olivier Millagou, Ian Simms, Cédric Teisseire, Solange Triger

 

« Remettre la peinture à l’œuvre, et le faire de façon que son propre objet engendre ses propres développements, matériels, visuels et thématiques de façon qu’il offre une logique interne suffisamment solide pour être poussée dans toutes ses conséquences. »

Après des années de résistance, la peinture en France vit un moment de grande effervescence. Une génération de peintres pétris par des décennies de combat cohabite avec une multitude de jeunes artistes décomplexés, produisant une scène foisonnante et complexe qui se caractérise par la présence simultanée de nombreux courants, approches et expérimentations.

Cet ARC propose donc d’explorer la richesse de ce médium vitale et de remettre la peinture au travail ; la peinture en tant qu’acte, action, geste, technique, matériel et forme, mais aussi en tant que pensée, perception, sensibilité, savoir, compréhension et intention.

L’ARC se compose de quatre séances de deux jours. Mise à part une introduction plus théorique avec des exemples d’artistes et d’œuvres afin de contextualise les expérimentations en atelier qui vont suivre nous espérons un atelier de recherche et création résolument pratique dans un esprit collectif, tout en respectant l’approche singulière de chacun.e.

Les quatre séances vont se décliner de la façon suivante :

1.     Peindre c’est percevoir, percevoir c’est peindre

La première séance de l’ARC trouve son titre dans un acte de translation de l’artiste Rémy Zaugg. « Zaugg a une obsession. Décortiquer le voir. Enquêter inlassablement sur l’acte perceptif. Méthodiquement. Objectivement. Son premier chantier consiste à analyser une seule et même toile de Cézanne, La Maison du pendu (1873, Musée d’Orsay) et de noter ce qu’il y voit à travers 27 esquisses perceptives. Opération interminable qui durera cinq ans (1963–1968), témoignant de l’inépuisable réservoir du visible… Zaugg modèle le langage comme une matière. Nous allons expérimenter cet acte de translation entre percevoir et peindre, entre langage et peinture afin de mieux voir ce qu’est la peinture.

Nous allons consacrer deux séances de l’ARC à une notion empruntée à la sculpture et plus précisément celle d’un texte de Rosalind Krauss intitulé « La sculpture dans le champ élargi ». Publié en 1985 ce texte analyse l’évolution de la sculpture, dans son passage du modernisme au post-modernisme, dans ces relations au paysage et à l’architecture. Dans ces deux séances nous allons retranscrire cette analyse en explorant les relations entre la peinture, l’image vidéo et photographique et la peinture « sans peinture ».

2.     Entre pixel et pigment

« Philipp Timischl crée de vastes installations multimédia, dans lesquelles il mélange des éléments personnels, des notes de la vie quotidienne, avec des matériaux qu’il trouve ou qu’il produit lui-même dans le but de construire des structures narratives. En équilibre entre documentation et fiction, entre les sphères privées et publiques, ses installations jouent de l’intimité et de l’autoréférence. Ses thèmes incluent notamment l’influence de nos racines, l’exclusion, le queer, dans son rapport aux classes sociales et dans les dynamiques du pouvoir entre l’art, l’artiste et le public. Dans cet ARC nous allons regarder comment Philipp Timischl explore la relation entre la peinture, qui occupe une place très importante dans sa pratique, et les autres composantes de son travail et plus particulièrement celui de la vidéo. L’approche de Philipp Timischl est un excellent exemple du champ élargi de la peinture.

3.     Peindre la peinture sans peinture

La deuxième séance consacrée à la peinture dans son champ élargi va prendre comme point de départ le travail de Cédric Teisseire. Jérôme Poggi décrit le travail de Cédric ainsi : « Nulle traversée du miroir n’est possible face aux œuvres de Cédric Teisseire. Du point de vue du spectateur du moins, que la peinture même tient à distance de la surface du tableau, imperméable et impénétrable. Le travail de Teisseire s’inscrit dans une histoire de la modernité qui a résolument fermé la fenêtre que les peintres de la Renaissance avaient ouverte sur un monde purement pictural grâce aux artifices de la perspective". Le travail radical de déconstruction qu’il mène dans sa peinture s’accompagne d’une expérimentation des qualités picturales et matériologiques d’un étendu d’objets allant des phares fondus de voitures, de canoés-kayaks ou de tuyaux d’arrosage extensible. Ce travail de « délégation » de l’acte de peinture traditionnelle à des qualités intrinsèques d’objets manufacturés, mais pas seulement, va constituer le fil rouge des expérimentations de cette séance de l’ARC.

4.     Off limits

Il s’agira d’étudier et de pratiquer certains procédés d’illimitations de l’espace pictural, pris aussi bien dans la peinture figurative historique que dans le moment abstrait de notre modernité. 
Nous nous appuierons pour ce faire sur quelques exemples choisis dans les œuvres de peintres très divers, à la fois par leur époque, leur style et leur facture, de Rembrandt à Ryman en passant par Katharina Grosse ou encore Kazimir Malevitch.

Habituellement l’ARC est accompagné par un workshop d’une semaine avec un artiste invité. Vu la diversité d’approches de la peinture abordée dans cet ARC et sa nature résolument pratique nous proposons un voyage d’étude plutôt qu’un workshop. Ce voyage permettra de découvrir le dynamisme et la diversité de la scène actuelle de la peinture.

 

ARC « Présent épais »

Enseignants : Driss Aroussi, Cédric Vincent

Intervenante : Nil Dinc

Comment suivre les traces de ce qui a été effacé ? Comment saisir des passés fuyants ou interdits ? Comment travailler, et rendre sensible, le présent épais ? La notion de présent épais, sur laquelle repose cet ARC a été introduite par la philosophe Donna Haraway pour s’opposer au temps linéaire et chronologique. Elle fait référence à une conception du temps qui intègre et réactive le passé, en mettant l’accent sur une culture du récit et de la narration. En opposition à un présent vécu comme une coupure entre un passé dépassé et un futur à venir, le présent épais produit une temporalité ouverte, qui ne se limite pas aux découpages de passé, présent et futur, mais qui inclut des héritages et des événements passés, tout en ouvrant la voie à des futurs potentiels. Toulon et ses environs sont désignés comme la zone d’opérations, d’investigations et de narrations dans laquelle, et depuis laquelle, nous explorerons le présent épais.

 

Méthodologie de travail

Ce premier chapitre nous conduira à aborder et expérimenter la notion de « monument » (latin monumentum, monore  « faire penser, faire se souvenir »). Collaborer, pirater, enquêter, situer, spéculer, cartographier, raconter, décrypter sont autant de méthodologies qui seront mobilisés et participeront à la conception des réalisations.  

 

Objectif et compétences visées

Nous réfléchirons aux formes et pratiques que l’art contemporain prend quand il est conçu sur des terrains, au sein de contextes et d’écosystèmes qui ne sont pas ceux qui lui sont réservés communément, quand il s’émancipe des contours matériels de l’œuvre et d’une signature individuelle, quand il s’inscrit dans le temps long et pense, avant toute chose, aux enjeux de sa réception. 

 

 

ARC « Latitude 43 »

Habiter un lieu de vie et de création, de récits et d’imaginaires

 Enseignantes : Valérie Michel-Fauré, Magalie Rastello

Dates :

Présentation des ARC : Lundi 6 octobre Matin

Session 1 : Jeudi 23 et Vendredi 24 octobre

Session 2 : Jeudi 27 et Vendredi 28 novembre

Session 3 : Jeudi 11 et Vendredi 12 décembre

Session 4 : Jeudi 12 et Vendredi 13 février

Workshop : du Lundi 23 au Vendredi 27 mars

Restitution : Jeudi 30 avril (peut bouger)

Contenu :

Cet Atelier de Recherche et de Création s’inscrit en articulation avec le programme de recherche Bureau des paysages en mouvements. Le partenaire de ce projet est le MAB, Musée Jean Aicard-Paulin Bertrand, Maison d’écrivain, Maison des illustres, qui conserve les œuvres de quatre personnalités du monde de l’art réunies en ce lieu de mémoire, maison et jardin : l’écrivain Jean Aicard, le peintre Paulin Bertrand, le céramiste Clément Massier ainsi que Julia Pilore, écrivaine, journaliste et critique d’art.

Méthode et Objectifs :

1.Articulation recherche :  Chaque session alterne des temps de recherche documentaire, d’écriture, de création plastique et d’échanges, avec accès aux espaces du musée et aux ressources du site.

Découvrir et s’approprier un lieu de vie, de rencontre et de création artistique, littéraire, historique, patrimoine culturel et naturel, matériel et immatériel, à échelle humaine. Envisager un projet de résidences d’artistes, designers…

2.Articulation création :  Expérimentations et Créations situées en totale immersion, en écho avec le lieu et ses potentialités sensorielles et mémorielles.

S’engager dans une démarche de projet, individuelle et collective : observer, documenter, expérimenter, produire, partager et valoriser cette recherche à travers une exposition in situ.

3.Programme :

Cet Atelier combine découverte patrimoniale, écriture, création artistique et restitution sous forme d’exposition in situ.

Session 1 : Immersion et découverte du contexte (Jeudi 23 et Vendredi 24 octobre)

-Présentation de la démarche de l’ARC, quelles relations établir entre art contemporain et patrimoines ? Création contemporaine et Maison d’artiste, d’écrivain ? Art actuel et lieu mémoriel ? Démarche prospective et fictionnelle.

-Visite collective exploratoire de la maison « Les Lauriers Roses », de ses collections, de la biodiversité de son parc : un atelier d’artistes, un lieu de création, de collection et de diffusion.

-Présentation de la vie et de l’œuvre de Jean Aicard, de Paulin Bertrand, Clément Massier et Julia Pilore : œuvres, bibliothèque, accès aux archives, correspondances, objets, mobiliers, leurs rapports au vivant.

-Diagnostic et premiers axes de recherche : Art / Mémoire, Mémoire de l’Art.

-Atelier de dessin et d’écriture : premières esquisses et textes inspirés du lieu et des objets : décrire, raconter, inventer.

-Synthèse et mise en place d’un journal d’atelier collectif et individuel.

Session 2 : conceptualisation, écriture et premières pistes plastiques

(Jeudi 27 et Vendredi 28 novembre)

-Promenade individuelle d’observation et de perception sensorielle dans le parc et les différents espaces de la maison.

-Précision des axes de réflexion et de développement.

-Atelier de création tous médiums (plastiques, poétiques, littéraires, sonores, performances…)

-Temps de partage collectif, échanges et premiers retours sur les projets en cours de construction.

-Synthèse et journal d’atelier.

Session 3 : expérimentation située

Jeudi 11 et Vendredi 12 décembre

-Retour sur la session précédente et avancées.                                                           

-Atelier de création.

-Atelier d’écriture croisée (texte/image).

-Temps de partage collectif et journal d’atelier.

Session 4 : Création et réflexion collective sur le projet de restitution

Jeudi 12 et Vendredi 13 février

-Retour sur la session précédente et mise en perspective des projets, rétroplanning.                                                   

-Choix des projets individuels et collectifs.

-Concept et préparation d’une restitution publique sur site intèrieur/extérieur.

-Temps de partage collectif, questions techniques, logistiques, synthèse du programme.

-Journal d’atelier.

 

Workshop : Création, organisation et finalisation du projet de restitution

Intervenant : en cours de contact

Du Lundi 23 au Vendredi 27 mars

-Développement des projets.

-Finalisation du Journal d’atelier.

-Tests in situ et organisation de la restitution finale : dispositifs, communication, signalétique…

-Discussions et bilan participatif.

 

Restitution : Fin avril ou 16 mai 2026 (Nuits des Musées) ou Début Juin (RDV aux Jardins).

Affirmation de ce lieu de création et de rencontre comme atelier d’artistes, de résidences, lanceur de talents passé, présent, futur.

 

 

 

 

ARC « Permanence »

 

enseignants : Antoine Boudin, Caroline Sebilleau

Intervenant(e) / Adrien Zammit, Sarah Garcin

 

À partir du constat que les pratiques de conception avec des ressources locales peinent à trouver une économie viable et à s’émanciper d'une image d'Épinal de la Provence, l’Arc Perma se donne pour objectif d’ajouter de nouvelles visions du territoire en l’arpentant à vélo. En créant des outils de captation et de documentation sur le motif et en mouvement, nous pourrons générer des visions diversifiées des entités vivantes et non vivantes qui cohabitent à Toulon et ses alentours, depuis des points cardinaux et des hauteurs variables. Nous réfléchirons et fabriquerons un ensemble d’outils de captation afin de documenter nos arpentages en prenant des points de vue et des médiums différents. Il pourra s’agir du point de vue du loup qui vit dans les collines, du fort de l’armée, des algues de la rade, des infrastructures navales, et ce afin de rendre visible une certaine permanence ce qui coexiste depuis de nombreuses années autour et dans la ville.


Méthodologie de travail 
Accompagnés par une association locale d’aide à la réparation de cycles, nous commencerons par fabriquer nos vélos. Les sessions de deux jours seront dédiées à l’exploration et la collecte d’informations et de représentations en adoptant un point de vue spécifique. Le workshop sera un temps de mise en commun des productions afin de penser un dispositif d'exposition de ce travail.


Objectif et compétences visées 
Apprendre le fonctionnement d’un objet roulant pour acquérir une autonomie de transformation de l’objet
Apprendre à regarder, observer, écouter, sentir, repérer et se repérer, et retranscrire ces actions avec des moyens graphiques diversifiés ou des médiums variés (méthodologie de l’enquête et data visualisation)
Appréhender d'autres modes d’existence